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 L'angoisse: analyse de Michelle Larivey

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MessageSujet: L'angoisse: analyse de Michelle Larivey   Jeu 28 Avr - 20:01

Cet article est extrait de l'ouvrage "La Puissance des Émotions", écrit par Michelle LARIVEY et édité chez Les Éditions de l'Homme, p.159-p.164.

DES EXEMPLES

1. J’entends mon fils se plaindre de son sort, et je m’aperçois que je deviens angoissée.

2. J'ai été assailli par une bouffée d'angoisse dès que j'ai pénétré dans ces lieux.

3. Chaque lundi je m’éveille avec un nœud à l’estomac et si je pense au travail c’est pire l’angoisse augmente.


QU'EST-CE-QUE L'ANGOISSE?

L'angoisse est un malaise plus ou moins intense s’apparentant à la peur. Mais elle est sans objet et surgit généralement de façon inattendue. Elle peut être momentanée ou s'installer durant de longs moments. L'angoisse est accompagnée d’une pression thoracique ou d’un serrement à l’estomac. Lorsqu'elle est intense, d'autres réactions physiologiques s’ajoutent: difficulté à respirer, transpiration, palpitations, étourdissement, faiblesse, nausée, etc... À cause de ces réactions, la crise d'angoisse est souvent confondue avec un malaise cardiaque.

L'angoisse peut surgir à l'occasion d'une pensée, au contact d'une personne, en pénétrant dans un lieu, par association avec une odeur... La plupart du temps, nous n’avons pas conscience de ce qui l'a déclenchée, ce qui donne l'impression qu'elle "vient de nulle part" mais l'angoisse a toujours un fondement, elle ne vient jamais de "nulle part". C'est le fait de repousser l'expérience qui tend à apparaître à la conscience, qui produit l'angoisse.

Le rejet de ce qui cherche à émerger donne lieu à une bataille intérieure qui prend la forme de l’angoisse. Le grand inconfort que l’on nomme angoisse est en effet le résultat de forces qui s'affrontent en nous: celles qui poussent ce qui nous habite à devenir conscient, et celles qui essaient de l’en empêcher. Comme dans le cas de la peur, les glandes surrénales sont sollicitées par l’angoisse. Cela explique l’impression de serrement ressenti au niveau du plexus solaire (nœud à l’estomac).


À QUOI SERT L'ANGOISSE?


Contrairement à la peur, l'angoisse ne semble à première vue reliée à aucun objet. Elle l’est pourtant. Elle surgit en effet lorsque nous négligeons de faire une place à un sentiment qui tente d’émerger en nous, ou à un sujet important qui nous préoccupe. La peur diffuse continue dans l’angoisse est celle de faire à ce sentiment où à cette préoccupation.

L’angoisse devrait être considérer comme un signal. Le signal que nous repoussons une partie de nous. Parfois, il s’agit d’une nouvelle expérience :

EXEMPLE 1

Cela me déplait infiniment d’entendre mon fils se plaindre "le ventre plein" ; sans trop m’en rendre compte, je repousse la colère qui cherche à se frayer un chemin dans mon expérience immédiate. Je deviens soudain angoissé.


L’angoisse peut être récurrente ou persistante. Dans ce cas, c’est le signe que l’émotion ou le sujet de préoccupation est repoussé par à-coups ou de façon continue.

EXEMPLE 2


Je m’éveille en proie à l’angoisse parce que j’empêche toujours ce que je vis par rapport à mon travail d’émerger. Je sais que ça ne va pas, mais je m’arrête là dans l’exploration de ce que je vis.


Dans cette situation, je ne porte pas attention au signal que l’angoisse me donne, je n’y suis pas réceptive. Si bien qu’elle persistera aussi longtemps que je ne consentirai pas à m’ouvrir à la préoccupation qui tente de se frayer un chemin jusqu’à ma conscience.
L’angoisse est donc un "symptôme", au même titre que le sont l'insomnie, les céphalées de tension ou les réactions somatiques provoquées par un contrôle émotionnel telles que les irruptions d'eczéma, le psoriasis, les ulcères d’estomac, certains maux de dos, etc.

Elle surgit sans qu'on ne sache pourquoi parce qu’elle prend la place de l'émotion tenue à l’écart qui, elle, contient l’information sur ce qui est vécu. En général, cela survient à l’occasion d’une pensée, d'un contact, ou devant une image, à l’écoute d’une musique, parce qu’ils évoquent le sentiment ou le rejet de préoccupation systématiquement refusé. Nous refusons une partie de nous parce que nous avons peur d’y faire face. Les émotions que nous repoussons ou les actions que nous pressentons devoir entreprendre nous semblent plus effrayantes que l’angoisse elle-même (C’est impossible ! Je ne peux pas laisser mon travail§). Quoiqu’il en soit, le psychisme ne tolère pas que ses messages ne soient pas pris au sérieux. Si le signal que constitue l’angoisse ne donne pas de résultat, il en créera d’autre et il développera un autre symptôme pour nous amener à nous pencher sur ce qui ne va pas.


QUE FAIRE AVEC L'ANGOISSE?


Ce qu’il ne faut pas faire

Comme il ne s’agit pas d’une émotion, il ne faut pas tenter de la « ressentir ». Cela ne fait que l’augmenter et provoquer un affolement encore plus grand. Il est également inutile de tenter de l’analyser. A cette étape du processus émotionnel, en effet, l’expérience réelle n’ayant pas encore émergé, il y a peu de chance que l’analyse porte fruit. De plus, l’angoisse étant un état « défensif », il est impossible d’effectuer une introspection réellement utile en procédant à son analyse. Tenter de la visualiser n’aura pas plus d’effet, car l’attitude de refus par rapport à notre expérience rend difficiles les prises de conscience. Il n’est pas non plus indiqué de chasser « l’angoisse », car le signal qu’elle nous donne nous fera alors défaut et nous risquons de perdre notre motivation à chercher ce qui la sous-tend. C’est toute fois l’effet qu’ont sur l’angoisse les médicaments anxiolytiques de nos jours prescrits à profusion : qui la calme ou la font carrément disparaitre.


Ce qu’il est utile de faire


Le plus utile consiste à m’interroger sur ce que je tente de repousser. Étonnamment, la réponse apparaitra rapidement et l’angoisse disparaitra du même coup. Je serai alors en contact avec un sujet sur lequel j’ai de la prise, même s’il est difficile à affronter. Une fois le sujet conscient, il s’agit de permettre au processus émotionnel de suivre son cours. Si j’aborde ma préoccupation avec ouverture et l’assurance qu’elle est pertinente (même si je ne suis pas à même d’en saisir toute l’ampleur sur le moment), je parviendrai à faire le chemin nécessaire pour régler mon problème de façon optimale.

EXEMPLE 3


« … » malgré ma crainte, je décide de faire face à ce que cache mon angoisse. Au lieu de m’activer comme d’habitude (je sais que cela fait disparaitre momentanément l’angoisse), (…), je décide de prendre quelques minutes de plus au lit. Je respire… car l’angoisse, comme d’habitude (c’est l’impression que j’ai), me prive de mon air. Je respire donc profondément, car je me rends compte que je suis oppressée. L’inspiration se rend à peu près au milieu du thorax. Je maintiens une respiration profonde et lente, jusqu’à ce que la pression thoracique disparaisse. C’est difficile, mais je persévère. Ce faisant, j’accepte de laisser monter ce qui apparait à ma conscience. Au lieu de repousser les pensées déplaisantes au sujet de mon travail, comme je le fais toujours, je les laisse se dérouler dans mon esprit, une à une, sans les censurer : maigre salaire, travail qui m’ennuiE. Je cours toujours « … ». La culpabilité : je n’ai pas de temps à consacrer à mes enfants, mon mari et moi avons l’impression de diriger une entreprise au lieu d’avoir une vie de couple… on se dit : « ça finira un jour ». Mais quand ? Je ne peux pas laisser mon travail ! Avec cette affirmation sortie comme une flèche (…) l’angoisse apparait de nouveau. Ma respiration s’est écourtée. Je me sens mal physiquement… comme accablée, impuissante. J’inspire de nouveau profondément, j’essaie d’ouvrir mon corps pour que flot émotionnel continu de suivre son cours. Petit à petit, mon thorax est moins comprimé. Je me sens terriblement découragée devant l’ampleur du problème. Je sais que j’en ai assez de cette vie, que c’est ainsi depuis longtemps. Et que je n’ai pas de solution momentanée. Mais ce qui est nouveau, c’est que je veux maintenant m’arrêter au problème et réfléchir calmement et tenter d’y trouver une solution. Et malgré l’ampleur de la question, je suis soulagée. Mon angoisse a disparu. Je suis plutôt en contact avec l’écœurement que provoque en moi la situation.

Rien ne dit que l’angoisse ne reviendra pas. Mais pour le moment, je suis en contact avec la question que je repoussais, elle n’a donc pas de raison de m’habiter. Cela dit, si je remets la solution à mon problème aux calendes grecques il est certain que l’angoisse réapparaitra. Elle me signalera que je continue de mettre de coté ce sujet crucial.


Merci à l'aimable autorisation de reproduction de ce texte par l'éditeur: Les Éditions de l'Homme

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